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Un peu d’histoire

2012-08-30

Auteur: Teresa Tyszkiewicz

Le 17 janvier 1933 l’évêque de Wilno (aujourd’hui Vilnius, Lithuanie) Romuald Jałbrzykowski nomma un nouveau confesseur pour la congrégation des Soeurs de Notre-Dame de Miséricorde. C’était Michał Sopoćko, un prêtre de 45 ans, le professeur du séminaire, qui en ce moment-là était déjà une autorité reconnue en théologie et un mentor spirituel expériencé.

 

Quand en mai 1933 une nouvelle soeur apparut au monastère de Antokol à Wilno, père Sopoćko ne savait pas encore que c’était une nouvelle étape dans sa vie qui commençait. La jeune réligieuse s’approcha du confessionnel pour la première fois avec joie et sourire, et le confesseur l’a dépoussiéré. Mais il s’avéra que la soeur Faustine recevait des visions de Dieu depuis cinq ans et que au cours de ces visions Seigneur Jésus lui avait dit que c’était lui qui avait choisi père Sopoćko pour être confesseur de soeur Faustine.
Lors des confessions qui suivirent père Michał se familiarisa avec les visions spirituelles de la réligieuse modeste et peu instruite, qui dans le couvent accomplissait les tâches de cuisinière et jardinière. Il ne supposait pas la situation imprévue dans laquelle il allait se retrouver, qu’il allait toucher de si près la grâce mystique qu’il ne connaissait que de la lecture. Maintenant il avait à accepter la responsabilité pour le développement spirituel de soeur Faustine sans empêcher les plans du Seigneur, surtout si prendre en considération que Jésus dans les visions lui fixait des exigeances concrètes et attendait des actions concrètes.
La compréhension mutuelle n’était pas présente dès le début. Mais avec le temps le confesseur comprit l’importance des visions de soeur Faustine et il la demanda de décrire tout ce qui se passait avec elle. Les mots prononcés par Jésus lui-même devaient être soulignés pour qu’ils puissent être distingués des réflexions pieuses qui leur venaient à l’esprit pendant la prière. Sopoćko la demanda aussi de décrire toutes les visions qu’elle avait déjà eues, comme elle les avait gardées dans sa mémoire. Et comme dans les visions Jésus a dit à Faustine d’obéir aux confesseurs sans objections, elle fit comme père Michał avait conseillé. Ainsi furent écrits les documents sans prix, qui devinrent la base du message sur la Divine Miséricorde.
Dès le début père Sopoćko lisait les notes de soeur Faustine en les analysant et en vérifiant comment elles correspondaient à la Bible et à l’enseignement de l’Eglise. En étant un théologue expériencé, il accomplit sa tâche avec la responsabilité et professionnalisme. Il vint à la conclusion qu’il avait affaire à une âme choisie, pure et sainte, à laquelle Dieu ouvrit une partie de son Essence – sa miséricorde, dont il la demandait de parler au monde entier.
Soeur Faustine comprit dès le début que les paroles que lui dit Jésus étaient déstinées aussi aux autres. Jésus promit à quiconque diffuserait l’information sur sa miséricorde infinie et sur la possibilité de sauver les âmes, qu’au moment de sa mort il lui-même ne laisserait pas éprouver la terreur et la souffrance. Seigneur Jésus a demandé aussi que les hommes, en proclamant la Divine Miséricorde, traitent les uns les autres avec miséricorde.
La demande la plus importante du Seigneur Jésus était que les hommes se fient à lui infiniment, comme des enfants (PJ 1578). C’est par la confiance de l’homme seulement que Dieu peut lui accorder sa miséricorde et le remplir avec la grâce.
Pour que les hommes puissent se souvenir toujours de la nécéssité de confier leur vie à Jésus Christ, il ordonna à soeur Faustine de peindre un image qui les stimulerait à la prière et confiance en la Miséricorde de Dieu. L’image devait montrer Jésus émergeant des ténèbres, avec deux rayons sortant de son coeur: blanc, qui signifierait l’eau qui purifie l’âme des péchés et rouge, qui signifierait le sang qui donne la vie (PJ 299). Sur l’image se trouvent les mots: Jésus, j’ai confiance en vous!. Ces mots – c’est la réponse de l’homme à la miséricorde de Dieu. Par sa souffrance et sa mort Jésus nous purifie du péché et nous donne la vie éternelle, à laquelle nous pouvons répondre avec notre confiance et gratitude.
Père Sopoćko s’adressa au peintre Eugeniusz Kazimirowski, qui commença le travail sur l’image le 2 janvier 1934. Il essayait de transmettre sur la toile tous les détails dont soeur Faustine le fournit, mais quand l’image fut fini Faustine vit que Jésus sur l’image n’est pas si beau que dans ses visions. Lorsqu’elle le raconta à Jésus, en pleurant, il répondit: Ce qui compte n’est pas la beauté de l’image, mais la profondeur de ma miséricorde (PJ 313).
 
Le 4 avril 1937 l’image de Miséricorde Divine fut consacré et exposé dans l’église Saint-Michel à Wilno. Déjà à la fin de 1937 Jésus dit à soeur Faustine dans une vision que grâce à cet image des nombreux s’adressèrent à sa miséricorde (PJ 1379). Les Soeurs de Notre-Dame de Miséricorde commencèrent à distribuer les cartes avec la réproduction de l’image à Wilno et à Cracovie. Il était très populaire et les prières imprimées sur le dos entrèrent très vite le repertoire des prières quotidiennes des croyants.
Soeur Faustine mourut à Cracovie le 5 octobre 1938. Jésus profita de son aide pour donner aux hommes l’espoir juste avant les événements les plus terribles du 20e siècle. Lorsque la seconde guerre mondiale éclata, père Sopoćko craignait que les gens ne se servissent des images de la Miséricorde Divine comme des amulettes protecteurs du malheur. Mais ceci n’arriva pas. Les gens comprirent clairement les mots Jésus, j’ai confiance en vous!, qui appellent à prier, croire et confier sa vie à Jésus. La Divine Miséricorde est toujours près de ceux qui s’adressent à Dieu.
Les batailles sanglantes, les déportations de masse et exécutions des civils amenaient à la situation où les hommes n’avaient à qui se fier à part Dieu, qui était leur seul salut. Des nombreux portaient sur eux les images de la Miséricorde Divine et répétaient souvent les mots courts, mais pleins de contenu profond: Jésus, j’ai confiance en vous!. Avec la population polonaise ces images se propagèrent dans le monde entier – par exemple, aux Etats-Unis on les photographiait et distribuait les photos dans des milliers d’exemplaires.
Après la guerre, contrairement à la volonté du peuple polonais, les frontières furent déplacées et le pays inclus dans le bloc socialiste. L’archévêque Jałbrzykowski dut quitter Vilnius. En 1947 il demanda à père Michał Sopoćko de devenir professeur dans le nouveau séminaire à Białystok. Les Soeurs de Notre-Dame de Miséricorde quittèrent Vilnius, elles aussi.
En 1948 les autorités de la RSS de Lithuanie, dont Vilnius devint la capitale, prirent la décision d’ouvrir dans l’église se Saint-Michel un musée d’architecture. Toutes les décorations, l’imagerie, les reliques et articles réligieux furent détruits. Pendant quelques années l’église était abandonnée et déserte.
Un beau jour en 1951 une Janina Rodziewicz, qui estimait la Divine Miséricorde même avant la guerre, passait le long de l’église avec une amie. La porte était ouverte et les deux femmes regardèrent dedans. Devant leurs yeux s’étendit un image terrible de déstruction, au milieu de laquelle sur un mur vide pendait la peinture d’Eugeniusz Kazimirowski. Il fallait beaucoup de temps pour persuader un ouvrier qui se trouvait dans l’église de leur donner l’image. Enfin il accepta, en demandant une somme importante d’argent. Ensuite, les deux femmes ont sûrement caché la peinture chez des amis.
Quelque temps après Janina Rodziewicz fut arrêtée. Elle passa 3 ans en prison. Lorsqu’elle en sortit, elle retrouva l’image, qui nécessitait déjà une restauration, qui fut accomplie clandestinement, volontairement et gratuitement par Helena Śmigielska, qui créa également une copie de la toile. En 1956, quand Janina Rodziewicz émigra en Pologne, l’image fut transporté à Nowa Ruda. Il était objet de culte jusqu’à 1970, où les autorités socialistes décidèrent de transformer l’église de Nowa Ruda en dépôt. Et encore une fois, quand tout l’inventaire réligieux fut emporté, l’image resta accroché sur un mur. Le culte continuait: la population refusa de perdre la peinture précieuse. Alors le prêtre Józef Grasiewicz, en s’inquiétant sur l’avenir de l’image, l’échangea sécrètement contre la copie par Maria Gawrosz. La version originale retourna à Vilnius, où, à l’église de Saint-Esprit, il attendit l’indépendance de Lithuanie, la liberté de confession et la renaissance du culte de la Divine Miséricorde.
Père Sopoćko n’a pas survécu jusqu’à ce moment-là. Il cherchait à soutenir le contact avec père Grasiewicz, mais après la guerre il n’a plus jamais vu l’original de l’image. En même temps les Soeurs de Notre-Dame de Miséricorde à Łagiewniki (en Cracovie), où soeur Faustine fut enterrée, n’ayant pas de contacts avec Vilnius à cause de la guerre, ont commandé un autre image de la Miséricorde Divine. Il fut peint par Adolf Chyła, dirigé par les notes de soeur Faustine, et il différait de la version de Kazimirowski. Malgré les réprimandes de père Sopoćko Chyła n’introduisit aucun changement. Ainsi maintenant nous avons deux images de la Miséricorde Divine – l’original à Vilnius et l’autre, non moins miraculeux, à Cracovie-Łagiewniki.
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